Naoned, capitale bretonne, je sais pas mais clairement capitale de la flicaille ça y a pas de doute. En une semaine y a du avoir plus de condés à traîner dans nos streets qu'à un meeting du Front avec pillave à volonté. Je suis à deux doigts de me dégoter un Airbnb à Alep tellement ça sent la zone de guerre par chez nous. Faut dire qu'on est gâté par les évènements.
Après des mois de manifs contre la loi travail qui finissent en guerre des boutons sanglantes avec la BAC et toute la chienlit en bleue,on a enfin nous aussi droit à la célèbre technique de la nasse qu'affectionne la maréchaussée depuis que les syndicats ont trouvés ça démocratique de pouvoir manifester entourée d'une armée de CRS. Alors ouais la nasse c'est rassurant, tu sens bien qu'on est pas prêt de t'embrouiller ton larfeuil tellement t'as de flicards proche de toi, à ce niveau là c'est plus de la protection c'est du frottage. Autant je peux trouver du charme dans l'uniforme, autant là j'ai vraiment l'impression de faire un gang-bang avec tous les pire videurs de fût de la caserne. Bref j'ai comme dans l'idée que ces mauvais speed-dating n'arriveront pas à nous faire aimer cette flicaille un peu trop présente. Si en plus tu rajoutes un troupeau de Baceux casqués et cagoulés qui ont l'air d'avoir été fini à la pisse de taureau tellement il sont speeds et véners, tu sais que ton cortège va avoir de quoi s'ambiancer. Mais bon ça suffit pas à leur bonheur alors le préfet interdit les 3/4 des manifs et ça finit souvent dans une impasse à te faire palper comme une merde par un flic en civil qui croit un peu trop en l'amour vache.
Donc cette semaine, deux manifs étaient prévues. Une pour contrer le "Climate Chance", sommet organisé au coeur de Nantes par des multinationales. Faut dire que faire ça alors que la ZAD de Notre Dames des Landes est en instance d'expulsion manu-militari, même pour du green-washing de bâtard, fallait oser le cynisme. Manif interdite, arrestations. Bref le meilleur des mondes sera écologique ne vous inquiétez pas. Vu que ça leur suffisait pas, Manuel Valls, le mec de gauche le plus cool depuis Klaus Barbie est venu aussi faire son road trip nantais. Le type a emmené tellement de flicards pour sa protection avec lui qu'il a réussi à remplir tous les hôtels du coin, Stéphane Plaza peut aller se pendre à une poutre apparente dans un appart de 80m² loi Carrez tellement on a découvert le big boss de l'immobilier. Peu de mobilisation mais un énorme dispositif policier qui nous a encore fait rêver. Les ACAB n'ont pas finis de pousser sur les murs gris de notre belle ville.
Vu que ça suffisait pas à notre bonheur, on a aussi eu droit comme tous les ans à la manif de Bretagne Réunie dont le but est la réunification de la Loire Atlantique d'avec la région Bretagne. Vu que le dernier redécoupage nous l'a bien mis à l'envers il fallait pas être Merlin (l'enchanteur pas le docteur/parolier) pour se douter que la foule des grands jours n'allait pas être au rendez-vous. A cela de multiples raisons que je trouve le collectif 44=BZH a plutôt bien expliqué. Ca fait quand même quelques années que cette manif part clairement à droite, faut pas se le cacher. L'année dernière les drapeaux d'Adsav flottaient déjà entre les fumis mais quand t'as 100 tocards au milieu de 40 000 personnes ça se voit moins que quand les mêmes 100 jeunes loups de la race celte se retrouvent dans une manif plus que clairsemée. Cette année on a donc eu droit à un énième nouveau collectif: Yaouankiz Breizh (soit la jeunesse bretonne) qui avait un cortège d'une centaine de jeunes qu'on pouvait pas clairement qualifiés de gauchistes. Phénomène récent qui date de la création du Collectif "Defend Naoned" que ce regroupement hétéroclite entre des mecs d'Adsav, des identitaires, des roycos et tout ce que Nantes et la Bretagne font de prix nobels affublés de casquettes Lyle & Scott. Les slogans de nos joyeux drilles sont vite devenus des slogans anti racailles et anti immigration autant dire que la réunification a gagné des points. Cette démonstration de force des fafs doit quand même être relativisée vu qu'ils sont obligés de ramasser tous les intellos de chaque micro-organisations pour réussir à tenir un cortège de 100 pélos, ils sont pas prêt de louer le stade de Nuremberg.
Bref une semaine pleine de rebondissements et de non-évènements. Naoned love affair!
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9.28.2016
9.26.2016
9.23.2016
Bloody sunday.
Le meilleur des mondes sauf pour les 99% de la population qui vivent et crèvent dans les bidonvilles et les usines insalubres. Le petit peuple à la gueule noire et le goût du sang dans la bouche tant il profite à plein de l'ère industrielle et du capitalisme triomphant. C'est dans cette atmosphère que certains anarchistes, révoltés par les conditions de vies et les débats stériles décident de rentrer dans l'illégalité. "La propriété c'est le vol!", fort de cette devise, ils décident de jouer les Robins des bois en allant récupérer ce qui revient de droit aux exploités. D'abord des casses contre les coffres-forts des maisons cossues puis certains se disent qu'il est plus que temps de frapper fort, quitte à passer le point de non-retour, celui qui ne peut que se finir par l'échafaud ou le bagne. Bonnot est de ceux là, avec des camarades rencontrés au gré des luttes il se forme un crew qui n'hésitera pas à se servir de ses browning pour se frayer un chemin entre les flics et les banquiers.
Le gang se fera surtout connaître pour l'utilisation systématique de la voiture, à l'époque très rare et considérée comme un gadget de riche, les Satanas & Diabolo libertaires s'en serviront pour marquer les esprits et foncer dans la vitrine de l'établishment à toute berzingue. Fusillades et grosses cylindrées fourniront des arguments de poids pour la légende qui commence à s'installer dans toute la France. Les journaux de l'époque n'auront de cesse d'attiser la panique des foules dociles face à cette horde qui préfère la mort à ce système soit disant pacifié. C'est à cette époque que Bertillon, flicard de son état inventera la police scientifique qui influencera le monde entier (et par extension sera responsable des 10 000 épisodes des Experts). La police et les indics tentent le tout pour le tout, les perquisitions massives dans le milieu anarchiste prouveront surtout ce que vaut un anarchiste à cette époque; Prêt à risquer la prison pour ne pas être une balance, prêt à tous les risques pour protéger son idéal, les lettres de noblesse s'écriront dans le sang de ces inconnus au grand coeur qui préfèreront se sacrifier pour protéger la camaraderie. Héros anonymes qui seront brisés par l'appareil répressif d'un état qui vacille.
Les cibles de la bande à Bonnot sont parfois contestables, tant pis, c'est la guerre sociale! Les fusillades dans les rues sauront là pour montrer que ceux qui luttent sont prêts au sacrifice ultime et c'est bien ça qui fait flipper les élites du pays. les courses poursuites avec la maréchaussée sont magiques, fast and furious versus gardes champêtres à vélo. On ne compte plus les blessés dans chaque camp et même si les anarchistes savent comment va se finir leur aventure ils sont bien décidés à vider un paquet de chargeurs sur chaque flicard qui viendra leur expliquer les bienfaits de la réinsertion. On ne peut que les comprendre. A croire que finir sous la guillotine ou en Guyane aux travaux forcés ne fait pas bander les voyous en chapeaux melons. L'adrénaline du combat au grand jour contre la flicaille a quand même une autre gueule et permet de montrer de quel côté se trouve le courage.
Toutes les bonnes choses ont une fin et la traque des ennemis publics number one se clôturera dans deux sièges épiques, Fort Alamo des temps modernes où l'on verra la cruauté des flics et la lâcheté de la populace, à croire que rien n'a changé. Bonnot n'est certes pas un saint, il meurt pourtant en martyr. Ce bouquin relate l'épopée de ces hommes et femmes qui ont tout sacrifiés pour ceux qu'ils croyaient juste. Instructif à plus d'un titre.
"Midi, Il y a maintenant près de trente mille personnes autour du pavillon. trente mille personnes venues assister à l'agonie d'un illégaliste. L'agonie de la bête va durer des heures. La fusillade ne connaît aucun répit. Comment Bonnot peut-il tenir derrière des cloisons fragiles que les balles percent de part en part?
Tous les assiégeants pensent jouer un rôle historique. Ils sont persuadés qu'ils ont à venger les crimes de Bonnot. Beaucoup se prennent pour des Romains. C'est un grand concours de civils armées d'épées, de fusils. Et même de fourches et de bâtons. Beaucoup de visages sont échauffés par l'alcool et l'enthousiasme de participer à une croisade de salubrité. On boit, on parle, on s'interpelle, on rit. On le peut, car de son repaire Bonnot n'est pas en mesure d'atteindre tous ces bravaches et redresseurs de torts de pacotille. Et comme il se doit, les responsables du siège ont un air compassé et résolu. Tous ces gens qui hurlent à la mort, pris individuellement, sont des pleutres et des lâches pour la plupart. Leur nombre leur donne un sentiment de puissance invincible. Cette foule est bourreau. elle a accepté les yeux fermés les récits fantaisistes de la presse sur Bonnot, accompagnés de commentaires mensongers. En voulant crucifier Bonnot, la populace obéit à une suggestion d'autant plus puissante, qu'elle est collective. Elle est persuadée d'accomplir un acte méritoire avec l'approbation de tous. Quant à la police, elle se montre incapable de se maîtriser. Sa tendance est d'aller au plus facile, au plus spectaculaire pour se venger et se racheter de ses échecs successifs. Au plus malsain, aussi. Cette police donne le vertige.
Bonnot à cette heure, ne terrorise plus le monde qu'au passé composé. Mais le châtiment, ou plutôt la vindicte, sera à la mesure des courageux justiciers. Voici le lâche "malheur aux vaincus" qui libère dans l'homme ce qu'il y a de plus bas, de plus vil et de moins avouable. on a eu tellement peur. Maintenant que la bête est là, impuissante, pourquoi ne pas se saouler de vengeance?"
William Caruchet - "Ils ont tué Bonnot" (1990).
9.20.2016
Le coq sportif.
Bim enfin on y est, on en a plus rien à branler du politiquement correct, les gau-gau...les gaulois!! Ils sont dans la place avec leurs staches blondes et leurs tresses de schlagasses des jeunesses hitlériennes. Yolo on est les fils de Thulé et de tous les putains de sosies ripoux d'Hulk Hogan, la France c'est le ter-ter de la race blanche, même Sarkozy qu'est français depuis une demie-génération a l'impression d'être sorti des couilles de Vercingétorix. Mais ouais faut y aller, on s'en paluche de l'histoire réelle, on veut juste avoir la pensée politique d'un gamin de 6 ans sans se soucier du qu'en dira t'on. La véracité historique, qu'est ce que cette connerie vient foutre dans nos vies. Nous on veut des banquets comme dans Astérix même si on est plus trop sûr de vouloir défoncer des hordes romaines depuis qu'on explose nos paquets de kleenex sur les vidéos de Casapound. Dilemme cornélien ma gueule! Mais les contradictions on s'en branle aussi, la France est la fille aînée de l'église catholique en même temps que des tribus païennes, merde c'est comme si un goth était enfant de coeur chez Civitas.
Va encore y avoir des gaucho-bobo-mondialisto-collabos pour ne pas être jouasse qu'on soit les survivants de la race des seigneurs, mais une balle pour les pisse-froids! Nous on veut des drakkars made in France, on veut la Walkyrie avant les matchs du PSG, on veut que Marine fasse 88% et que Eric Zemmour le plus français d'entre nous reprenne le rôle de Goebbels dans un biopic porno sur la chute de reins du 3ème Reich. On veut du fun bordel, on est des babtous fragiles qui savent pas danser mais qui ont envie d'apprendre à marcher au pas cadencé dans des bottes cirées Hugo Boss. On a le standing du Nord Pas de Calais et on se met à rêver qu'on est le pays des lumières, phare de la civilisation occidentale face à tout le merdier jihadisto-bougnoulou qui vient faire exploser tous ses prix nobels dans notre putain d'hexagone. Y en a ras le bol de tous les biens-pensants qui sont même pas festif quand on on barricade notre espace vital européen sous des murailles de barbelés. Mais merde vous êtes des moutons, suceurs des élites cosmopolitisées, les banksters vous saluent bien bas pendant qu'ils financent des gourmettes hors de prix pour tous les agents du Mossad qui squattent la rue de Copernic. Vous allez finir par nous casser les bonnes vibes qu'on a en ce moment, plus de complexes, on est easy dans la punchline raciste, même les identitaires passeraient pour des joueurs de djembé de sos-racisme tellement les politicards professionnels se sont décomplexés le scrotum sur les questions d'identité nationale, alors merde faites un effort et lâchez nous une bonne vieille blague genre c'est quoi un noir entre deux poubelles.
Sort ton BBR, et déguise toi en cochon, c'est ça le militantisme des temps modernes, le dandysme c'est vraiment pour les tarlouzes anglo-saxonnes nous on veut des pintes de 50 litres de Karlsbraü chaude qu'on pillave dans des cornes de boucs ensanglantées. Le débat sur des idées réfléchies, des raisonnements construits c'est vraiment de la perte de temps, on veut juste un quart d'heure de gloire à BFM en faisant une quenelle, c'est ça les médailles qu'on méritent. On veut pas de vraies guerres où on pourrait se faire décalquer la bougie mais par contre aller faire les mongols devant des caméras, voilà nos titres de noblesse, nos heures de gloire 2.0. Avec de tels héros je comprends qu'on peut aussi se permettre de choisir ses ancêtres. On vous le dit, on s'en tape, on pourrait tranquilou dire qu'on est les enfants de Jésus et du Maréchal que tout le monde trouverait ça logique. Pourquoi on se prendrait la tête avec des historiens qui passent leurs lifes dans des bibliothèques alors qu'on peut déblatérer un paquet de conneries en deux minutes chronos sur toutes les chaînes d'info. C'est ça qu'est cool à notre époque. On a plus honte de rien, plus de limite, c'est open bar dans le foutage de gueule intellectuel.
La campagne électorale jusqu'en 2017 promet d'être magique tellement c'est même plus possible d'être borderline vu qu'y a plus de limite infranchissable. On peut se rappeler avec humour du "mur républicain" face au FN. un des sketchs les plus drôles de ces 20 dernières années. La France se droitise même plus, à ce niveau là en 2020 tout le monde parle allemand et fait du panzer tuning. Enfin on a compris qu'il fallait en finir avec toutes ces conneries d'analyses politiques. On veut juste profiter de l'instant présent en se foutant bien de la gueule de tout ceux qui ont pas eu la chance de pouvoir faire du stop dans l'Yonne dans les années 90. On est chez nous et y a pas chier, on est quand même sur du gros niveau, on vise la perfection et on doit pas en être trop loin tellement on a du beau monde pour représenter l'esprit français dans toute sa splendeur. Alors ouais y aura toujours quelques blasés pour reprocher le fait de planter une tête de cochon devant une mosquée mais putain vous avez pas d'humour? La soupe à l'oignon à un mariage c'est le même délire. L'humour tu l'aimes ou tu le quittes! Nous on veut Pat Seb à l'Elysée, les sommets internationaux auraient une autre gueule. Ca les dériderait c'est sûr. Maintenant tout le monde voit le mal partout, encore un coup des censeurs de l'armée rouge. On a pratiquement plus le droit de faire une petite blague zina sans se prendre une pétition dans la bougie, mais merde où on pourrait s'exprimer si on passait pas 24/24 sur les trois quarts des médias français, c'est limite les samizdats de BFM qui permettent à la résistance française de tenir le choc face à la zenzur! Alors ouais c'est un coup de gueule car là on a vraiment l'impression de vivre en URSS alors qu'on vit quand même dans le pays number one de ce putain de monde. Faudrait voir à pas oublier qui sont nos aïeux bordel!
9.17.2016
A l' Est, du nouveau.
Erich Maria Remarque est un écrivain dont j'apprécie particulièrement l'univers. Il est surtout connu pour "A l'Ouest rien de nouveau" , bouquin qui ne parle malheureusement pas de la love affair entre Jacques Auxiette et les pays de la poire mais bien du conflit entre les chleus et nos illustres aïeux pour savoir qui aurait le droit de cuissage sur des cigognes alsaciennes à peines pubères. Ce livre illustre la vie quotidienne d'un soldat allemand dans l'enfer de la 1ère guerre mondiale et le quotidien kafkaïen qui y a perduré pendant des années. Le pacifisme revendicatif du bouquin vaudra à son auteur le droit d'aller s'exiler aux states pendant que les zinas se réchaufferont les étendards en brûlant l'ouvrage en place publique. Bah ouais Hitler a jamais trop kiffé les mecs qui se paluchent pas sur le devoir sacré d'aller se faire déboulonner la ganache dans la boue pour un idéal patriotique des plus fourvoyé. Bref si t'as été au collège au moins une fois dans ta vie (et en imper à la sortie n'est pas vraiment considéré comme une assiduité exemplaire) t'as du avoir ce livre entre les pognes.
Remarque a écrit une dizaine de bouquins ayant souvent attraits à la guerre et à la vision du soldat de base qui se retrouve plongé dans ce marasme sanguinaire duquel personne ne sort indemne. Ces romans se prolongent sur une période qui commence au début du XXème siècle et qui iront jusqu'à la fin du Reich de presque 1000 ans. L'ambiance de ses différents livres est donc assez proche. On y découvre des humains balayés par des évènements internationaux que personne ne maîtrise. La guerre, les tentatives révolutionnaires de l'Allemagne de l'entre-deux-guerres, la brutalité de la dictature nazie, le tout illustré par la résignation des foules, la médiocrité ambiante et valorisée mais aussi le combat de quelques uns pour essayer de ne pas devenir des animaux dans cette foire d'empoigne mondialisée.
"L'île d'espérance" a aussi été sorti sous le titre "Un temps pour vivre, un temps pour mourir", du coup vu que je suis hyper malin, je l'ai sous les deux noms ce qui me permet d'avoir une bibliothèque qui me ferait passer pour un érudit vis à vis d'un chasseur de pokémon et pour un guignol envers un amateur de littérature, deux salles, deux ambiances, en quelque sorte.
Ernst Graber, jeune soldat de la Wehrmacht de 23 ans est déjà un vétéran des road trip hitlériens: la ballade en Frankreich, le Paris Dakar en panzer pour faire découvrir nos ancêtres vikings aux peuplades africaines, et pour finir il se retrouve à se geler les miches grâce à l'Opération Barbarossa dans les ruines d'un village russe. La blitzkrieg n'est plus vraiment à l'ordre du jour depuis que les orgues de Staline ont poussées leurs sérénades au dessus des fridolins. Bref à l'Est y a du nouveau et c'est pas franchement rassurant pour les jeunesses hitlériennes qu'on enrôlent à tour de bras tendu pour aller remplacer les pertes abyssales de l'armée allemande face à l'ogre soviétique. Mais Graber est un chanceux, malgré la débâcle qui commence à pointer il a droit à une permission de trois semaines pour retourner au pays voir sa famille et profiter des bons vieux bretzels de sa daronne.
Contrairement au nuage radioactif de Tchernobyl, les bombardiers américains et anglais ont réussis à traverser les frontières et autant vous dire que notre jeune héros va avoir besoin d'un bon google map pour se retrouver dans son bled natal en ruines. Bah ouais le Reich commence à prendre l'eau de toutes parts et cette fois c'est lui qui se retrouve sous la pluie de bombes incendiaires démocratiques qui ravagent le lebensraum. Comme dans toute dictature qui se respecte, la tragédie en devient comique tant les règlements doivent toujours être respectés à la lettre pour ne pas finir dans les sinistres camps qui fonctionnent à plein régime. La médiocrité et les bas instincts de certains sont devenus des atouts indispensables pour grimper dans l'ascenseur social et la peur ambiante réduit bien souvent à néant les envies de résistances du plus grand nombre. Ne rien dire, ne rien savoir pour ne pas avoir quelque chose à vous reprocher. Devise officieuse de milliers d'allemands qui courbent l'échine pour ne pas être victime de la gestapo ou des bombardements alliés.
Graber se retrouve donc dans une ville ravagée, ses parents sont devenus des réfugiés introuvables. Il n'y a plus de front ou d'arrière, la guerre est partout et elle ne fait pas de sentiment. Pourtant au milieu de tout ce merdier il arrivera paradoxalement à trouver l'amour, acte de résistance héroïque que d'essayer de ne pas désespérer dans un tel environnement saccagé.
Ce livre est un constat accablant sur la guerre, la dictature et les rapports humains qu'engendrent ces phénomènes brutaux. Entre la petite mesquinerie faite par lâcheté qui peut vous envoyer à la mort et des fanatiques qui se baignent avec allégresse dans ce capharnaüm sanguinaire, il ne reste que peu de place pour l'espoir. Remarque arrive pourtant à en distiller un peu entre les déchaînements de violence. Lecture recommandée, comme pour le reste de ses romans d'ailleurs.
Remarque a écrit une dizaine de bouquins ayant souvent attraits à la guerre et à la vision du soldat de base qui se retrouve plongé dans ce marasme sanguinaire duquel personne ne sort indemne. Ces romans se prolongent sur une période qui commence au début du XXème siècle et qui iront jusqu'à la fin du Reich de presque 1000 ans. L'ambiance de ses différents livres est donc assez proche. On y découvre des humains balayés par des évènements internationaux que personne ne maîtrise. La guerre, les tentatives révolutionnaires de l'Allemagne de l'entre-deux-guerres, la brutalité de la dictature nazie, le tout illustré par la résignation des foules, la médiocrité ambiante et valorisée mais aussi le combat de quelques uns pour essayer de ne pas devenir des animaux dans cette foire d'empoigne mondialisée.
"L'île d'espérance" a aussi été sorti sous le titre "Un temps pour vivre, un temps pour mourir", du coup vu que je suis hyper malin, je l'ai sous les deux noms ce qui me permet d'avoir une bibliothèque qui me ferait passer pour un érudit vis à vis d'un chasseur de pokémon et pour un guignol envers un amateur de littérature, deux salles, deux ambiances, en quelque sorte.
Ernst Graber, jeune soldat de la Wehrmacht de 23 ans est déjà un vétéran des road trip hitlériens: la ballade en Frankreich, le Paris Dakar en panzer pour faire découvrir nos ancêtres vikings aux peuplades africaines, et pour finir il se retrouve à se geler les miches grâce à l'Opération Barbarossa dans les ruines d'un village russe. La blitzkrieg n'est plus vraiment à l'ordre du jour depuis que les orgues de Staline ont poussées leurs sérénades au dessus des fridolins. Bref à l'Est y a du nouveau et c'est pas franchement rassurant pour les jeunesses hitlériennes qu'on enrôlent à tour de bras tendu pour aller remplacer les pertes abyssales de l'armée allemande face à l'ogre soviétique. Mais Graber est un chanceux, malgré la débâcle qui commence à pointer il a droit à une permission de trois semaines pour retourner au pays voir sa famille et profiter des bons vieux bretzels de sa daronne.
Contrairement au nuage radioactif de Tchernobyl, les bombardiers américains et anglais ont réussis à traverser les frontières et autant vous dire que notre jeune héros va avoir besoin d'un bon google map pour se retrouver dans son bled natal en ruines. Bah ouais le Reich commence à prendre l'eau de toutes parts et cette fois c'est lui qui se retrouve sous la pluie de bombes incendiaires démocratiques qui ravagent le lebensraum. Comme dans toute dictature qui se respecte, la tragédie en devient comique tant les règlements doivent toujours être respectés à la lettre pour ne pas finir dans les sinistres camps qui fonctionnent à plein régime. La médiocrité et les bas instincts de certains sont devenus des atouts indispensables pour grimper dans l'ascenseur social et la peur ambiante réduit bien souvent à néant les envies de résistances du plus grand nombre. Ne rien dire, ne rien savoir pour ne pas avoir quelque chose à vous reprocher. Devise officieuse de milliers d'allemands qui courbent l'échine pour ne pas être victime de la gestapo ou des bombardements alliés.
Graber se retrouve donc dans une ville ravagée, ses parents sont devenus des réfugiés introuvables. Il n'y a plus de front ou d'arrière, la guerre est partout et elle ne fait pas de sentiment. Pourtant au milieu de tout ce merdier il arrivera paradoxalement à trouver l'amour, acte de résistance héroïque que d'essayer de ne pas désespérer dans un tel environnement saccagé.
Ce livre est un constat accablant sur la guerre, la dictature et les rapports humains qu'engendrent ces phénomènes brutaux. Entre la petite mesquinerie faite par lâcheté qui peut vous envoyer à la mort et des fanatiques qui se baignent avec allégresse dans ce capharnaüm sanguinaire, il ne reste que peu de place pour l'espoir. Remarque arrive pourtant à en distiller un peu entre les déchaînements de violence. Lecture recommandée, comme pour le reste de ses romans d'ailleurs.
9.12.2016
9.11.2016
Chacun son tour.
Badabing! comme tout le monde c'est reparti pour une année merdique dans laquelle on s'élance tel un régiment de dragons en criant "Je boute avant!". On va direct oublier les débats méga lol de l'été sur le burkini aussi impressionnants intellectuellement que les mots fléchés de Femme Actuelle. Il est temps de revenir dans la vraie merde réelle celle là même qui nous permet d'aller nous perdre dans les méandres du monde 2.0 sans y trouver aucune honte.
On pourrait commencer par s'intéresser aux politicards hexagonaux mais bon c'est les mêmes depuis 10 000 ans, Hollande, Sarkozy, Juppé? Vraiment, les mecs ont fait un groupe de rock avec Denver à son époque et il te parle encore de l'avenir du pays? Qui peut croire à ce sketch? Et pourtant jusqu'aux élections de 2017 on va avoir droit à leurs brillantes analyses sur le merdier social qu'ils s'évertuent à créer depuis que les fridolins ont coulés une bielle en 45. Vraiment comment on peut encore avoir une demi-molle en se tapant n'importe lequel des programmes politiques qu'on nous proposent pour les années à venir. Des partis de vieux, représentés par des vieux et qui visent juste l'électorat des vieux vu que de toute façon y a plus qu'eux qui se déplacent aux urnes un dimanche tous les 4 ans alors que ces connards d'hérétiques ont abandonnés les messes dominicales pour des barbecues sans gluten.
Y a sûrement plus aucune raison d'espérer que l'être humain aille dans le bon sens vu que ce connard de "citoyen" passe son temps libre à mater la TNT plutôt qu'à aller péter des vitrines de banques comme devrait le faire n'importe quel connard lambda. C'est même plus étonnant que le clampin moyen applaudisse des CRS & prenne la défense des pires beaufs de sa génération vu que la populace a clairement l'air de kiffer se faire dicter ses opinions par des éditorialistes consanguins et la masse des médias qui se targue d'une indépendance qu'ils n'ont jamais eu une seule seconde. Nous sommes clairement face à un mur soudé, le pouvoir est géré conjointement par cette famille mongoloïde de politicards, chefs d'entreprise et journaleux qui ne souhaitent qu'une chose: nous laisser dans ce merdier total jusqu'aux couilles en nous faisant croire qu'on trouve ça vraiment festif comme ambiance. Alors ouais y a sûrement aucun intérêt à suivre des messies d'opérette, des guides éclairés qui se branlent sur une énième république, mais voilà ça se comprend que tout le monde se raccroche à ce qu'il peut, c'est à dire à que dalle. Y aurait pas mal de raisons de sombrer dans un individualisme total, ne plus faire attention à ce décor en carton pâte dans lequel nous évoluons alors qu'il faudrait juste y balancer un baril de gazoil et un zippo gravé d'un putain d'aigle bien cheap. Mais bon c'est la vie, on va continuer à essayer de changer les choses à notre niveau et c'est déjà pas mal. Que chacun se bouge le cul à sa façon et y aurait déjà une évolution flagrante. En attendant c'est la rentrée du blog donc un non évènement dans un monde où les "évènements" sont encore plus ridicules qu'une bagarre de nains déguisés en clowns. Lis des bouquins, paye moi des verres et jette des caillasses sur les flics, c'est ça la vraie vie!
7.13.2016
7.08.2016
- Mais si, mais si! Je continue: mes plans sont faits, j'ai résolu la difficulté. L'humanité est battue. Nous ne savions rien et nous avons tout à apprendre maintenant. Pendant ce temps, il faut vivre et rester indépendants, vous comprenez? Voilà ce qu'il y aura à faire.
Je le regardais, étonné et profondément remué par ses paroles énergiques.
- "Sapristi! Vous êtes un homme, vous! m'écriai-je, en lui serrant vigoureusement la main.
- Eh bien, dit il, les yeux brillants de fierté, est-ce pensé, cela hein!
- Continuez, lui dis-je.
Donc, ceux qui ont envie d'échapper à un tel sort doivent se préparer. Moi, je me prépare. Comprenez bien ceci: nous ne sommes pas tous faits pour être des bêtes sauvages, et c'est ce qui va arriver. C'est pour cela que je vous ai guetté. J'avais des doutes: vous êtes maigre et élancé. Je ne savais pas que c'était vous et j'ignorais que vous aviez été enterré. Tous les gens qui habitaient ces maisons et tous ces maudits petits employés qui vivaient dans ces banlieues, tous ceux-là ne sont bons à rien. Ils n'ont ni vigueur, ni courage, ni belles idées, ni grands désirs; et Seigneur! un homme qui n'a pas tout cela peut il faire autre chose que trembler et se cacher? Tous les matins, ils se trimballaient vers leur ouvrage_je les ai vus, par centaines_emportant leur déjeuner, s'essoufflant à courir, pour prendre les trains d'abonnés, avec la peur d'être renvoyés s'ils arrivaient en retard; ils peinaient sur des ouvrages qu'ils ne prenaient pas même la peine de comprendre; le soir, du même train-train, ils retournaient chez eux avec la crainte d'être en retard, par peur des rues désertes; dormant avec des femmes qu'ils épousaient, non parce qu'ils avaient besoin d'elles, mais parce qu'elles avaient un peu d'argent qui leur garantissait une misérable petite existence à travers le monde; ils assuraient leurs vies, et mettaient quelques sous de côté par peur de la maladie ou des accidents; et le dimanche_c'était la peur de l'au-delà, comme si l'enfer était pour les lapins!
Pour ces gens-là, les Marsiens seront une bénédiction: de jolies cages spacieuses, de la nourriture à discrétion; un élevage soigné et pas de soucis. Après une semaine ou deux de vagabondage à travers champs, le ventre vide, ils reviendront et se laisseront prendre volontiers. Au bout de peu de temps, ils seront entièrement satisfaits. Ils se demanderont ce que les gens pouvaient bien faire avant qu'il y ait eu des Marsiens pour prendre soin d'eux. Et les traîneurs de bars, les tripoteurs, les chanteurs_je les vois d'ici, ah! oui je les vois d'ici! s'exclama-t-il avec une sorte de sombre contentement. C'est là qu'il y aura du sentiment et de la religion; mais il y a mille choses que j'avais toujours vues de mes yeux et que je ne commence à comprendre clairement que depuis ces derniers jours. Il y a des tas de gens, gras et stupides, qui prendront les choses comme elles sont, et des tas d'autres aussi se tourmenteront à l'idée que le monde ne va plus et qu'il faudrait y faire quelque chose. Or, chaque fois que les choses sont telles qu'un tas de gens éprouvent le besoin de s'en mêler, les faibles, et ceux qui le deviennent à force de trop réfléchir, aboutissent toujours à une religion de Rien-Faire, très pieuse et très élevée, et finissent par se soumettre à la persécution et à la volonté du Seigneur. Vous avez déjà dû remarquer cela aussi. C'est de l'énergie à l'envers dans une rafale de terreur. Les cages de ceux-là seront pleines de psaumes, de cantiques et de piété, et ceux qui sont d'une espèce moins simple se tourneront sans doute vers_comment appelez vous cela?_l'érotisme"
Il s'arrêta un moment, puis il reprit.
"Très probablement, les Marsiens auront des favoris parmi tous ces gens; ils leur enseigneront à faire des tours, et, qui sait? feront du sentiment sur le sort d'un pauvre enfant gâté qu'il faudra tuer. Ils en dresseront, peut-être aussi, à nous chasser.
- Non, m'écriai-je, c'est impossible. Aucun être humain.
- A quoi bon répéter toujours de pareilles balivernes? dit l'artilleur. Il y en a beaucoup qui le feraient volontiers. Quelle blague de prétendre le contraire!"
Et je cédai à sa conviction.
"La guerre des mondes". H.G. Wells (1898)
Je le regardais, étonné et profondément remué par ses paroles énergiques.
- "Sapristi! Vous êtes un homme, vous! m'écriai-je, en lui serrant vigoureusement la main.
- Eh bien, dit il, les yeux brillants de fierté, est-ce pensé, cela hein!
- Continuez, lui dis-je.
Donc, ceux qui ont envie d'échapper à un tel sort doivent se préparer. Moi, je me prépare. Comprenez bien ceci: nous ne sommes pas tous faits pour être des bêtes sauvages, et c'est ce qui va arriver. C'est pour cela que je vous ai guetté. J'avais des doutes: vous êtes maigre et élancé. Je ne savais pas que c'était vous et j'ignorais que vous aviez été enterré. Tous les gens qui habitaient ces maisons et tous ces maudits petits employés qui vivaient dans ces banlieues, tous ceux-là ne sont bons à rien. Ils n'ont ni vigueur, ni courage, ni belles idées, ni grands désirs; et Seigneur! un homme qui n'a pas tout cela peut il faire autre chose que trembler et se cacher? Tous les matins, ils se trimballaient vers leur ouvrage_je les ai vus, par centaines_emportant leur déjeuner, s'essoufflant à courir, pour prendre les trains d'abonnés, avec la peur d'être renvoyés s'ils arrivaient en retard; ils peinaient sur des ouvrages qu'ils ne prenaient pas même la peine de comprendre; le soir, du même train-train, ils retournaient chez eux avec la crainte d'être en retard, par peur des rues désertes; dormant avec des femmes qu'ils épousaient, non parce qu'ils avaient besoin d'elles, mais parce qu'elles avaient un peu d'argent qui leur garantissait une misérable petite existence à travers le monde; ils assuraient leurs vies, et mettaient quelques sous de côté par peur de la maladie ou des accidents; et le dimanche_c'était la peur de l'au-delà, comme si l'enfer était pour les lapins!
Pour ces gens-là, les Marsiens seront une bénédiction: de jolies cages spacieuses, de la nourriture à discrétion; un élevage soigné et pas de soucis. Après une semaine ou deux de vagabondage à travers champs, le ventre vide, ils reviendront et se laisseront prendre volontiers. Au bout de peu de temps, ils seront entièrement satisfaits. Ils se demanderont ce que les gens pouvaient bien faire avant qu'il y ait eu des Marsiens pour prendre soin d'eux. Et les traîneurs de bars, les tripoteurs, les chanteurs_je les vois d'ici, ah! oui je les vois d'ici! s'exclama-t-il avec une sorte de sombre contentement. C'est là qu'il y aura du sentiment et de la religion; mais il y a mille choses que j'avais toujours vues de mes yeux et que je ne commence à comprendre clairement que depuis ces derniers jours. Il y a des tas de gens, gras et stupides, qui prendront les choses comme elles sont, et des tas d'autres aussi se tourmenteront à l'idée que le monde ne va plus et qu'il faudrait y faire quelque chose. Or, chaque fois que les choses sont telles qu'un tas de gens éprouvent le besoin de s'en mêler, les faibles, et ceux qui le deviennent à force de trop réfléchir, aboutissent toujours à une religion de Rien-Faire, très pieuse et très élevée, et finissent par se soumettre à la persécution et à la volonté du Seigneur. Vous avez déjà dû remarquer cela aussi. C'est de l'énergie à l'envers dans une rafale de terreur. Les cages de ceux-là seront pleines de psaumes, de cantiques et de piété, et ceux qui sont d'une espèce moins simple se tourneront sans doute vers_comment appelez vous cela?_l'érotisme"
Il s'arrêta un moment, puis il reprit.
"Très probablement, les Marsiens auront des favoris parmi tous ces gens; ils leur enseigneront à faire des tours, et, qui sait? feront du sentiment sur le sort d'un pauvre enfant gâté qu'il faudra tuer. Ils en dresseront, peut-être aussi, à nous chasser.
- Non, m'écriai-je, c'est impossible. Aucun être humain.
- A quoi bon répéter toujours de pareilles balivernes? dit l'artilleur. Il y en a beaucoup qui le feraient volontiers. Quelle blague de prétendre le contraire!"
Et je cédai à sa conviction.
"La guerre des mondes". H.G. Wells (1898)
7.07.2016
England belongs to me!
C'est l'été ma gueule! les premiers coups de soleil vont plus t'exploser que tes cours de free-fight que tu suis sur le net. Du coup on se sent bien, on kiffe la vibe et bim sans qu'on s'en rende compte la perfide Albion en profite pour se casser de l'union européenne. Bon faut dire que les british ils ont jamais vraiment été européens, c'est plutôt un mélange de tout ce qu'on fait de pire dans les gènes, un Benetton collection Lidl.
Les mecs ont le bronzage des polaks, le foie des belges, les fringues des espaguoins, sont honnêtes comme des roumains et sont aussi francs que des ritals, non mais franchement? Les anglais c'est les fonds de cuve de sperme de toute la CEE et ils se barrent tranquilou comme si ils étaient trop classes pour notre boum d'acnéiques. Ca va on se fait plaiz? Bah ouais ça fout un coup au moral que ce soit eux qui se taillent les premiers. Merde, Napoléon et Hitler se sont pas fait chier la bite pour les intégrer dans nos peuplades pour que ces connards se tirent sans dire merci. L'impolitesse des mecs c'est du high level!
C'est fou ça, Robert Schuman s'est pété le cul avec les chleus à former une confrérie du charbon, à accueillir un à un tous les bleds pourris qui polluent nos frontières, qu'on a sorti 12 000 palettes d'autocollants CEE à coller sur ta R12, qu'on a failli faire la guerre 100 fois entre nous mais qu'au final on s'est rappelé le résultat du carnage en matant l'architecture bucolique de Saint Nazaire, et bien malgré tous nos efforts voilà que les rosbeefs veulent plus faire partie du crew, t'y crois toi?
Pourtant on a fait des efforts avec eux parce qu'à la base nous on voulait une Europe sociale, solidaire, qui respecte les peuples et se batte pour leurs droits et toutes ces conneries mais pour pas trop les froisser on s'est mis à adopter toutes les visions que ces aveugles avaient de l'avenir. C'est vrai qu'on flippait devant Thatcher qui crucifiait des skins à tour de bras, la meuf c'était Ronald Reagan avec la perruque à Mylène Farmer donc on jouait moins les malins genre elle doit faire de la sorcellerie et des combats avec des nains. Résultat cette Europe ultra libérale, noyée dans la corruption des lobbys & la malhonnêteté des politicards, cette Europe qui promet l'austérité pour les peuples et des dividendes pour les banques, cette Europe incapable d'avoir une vision politique commune sur les grands dossiers internationaux, on l'a faite un peu à l'image de nos cousins mongols qui vivent de l'autre côté de la Manche. Et une fois qu'on veut faire baptiser Chucky dans leur secte protestante voilà qu'ils balancent le calice et qu'ils nous rappellent qu'y a pas qu'à Koh Lanta qu'on se dit que les îles c'est vraiment de la merde tout juste bon à bétonner ras la gueule version Notre Dame des Landes. Aucun respect vraiment. Merde grâce aux angliches l'Europe c'est juste un ersatz dégueulasse du modèle américain, on ressemble grave à des guignols yankees juste parce que ces connards de baiseurs de chèvres pouvaient se faire tatouer WASP sur les doigts, clairement ça me fait plus marrer.
A la base je comprends que les mecs voulaient se faire la malle de l'UE, libéralisme à outrance, destruction sociale mais même pas, ils s'en branlent la cruche comme quand ils recevaient des V2 sur la bougie, le flegme anglais sûrement. Ils vont se retrouver dans un luna-park tellement ultra capitaliste que même la dame de fer passera pour une fille de joie suçant Perry Mason avec gentillesse tellement ils vont se faire défoncer le rectum par un système qui n'attend que ça pour faire un strike dans les quelques survivances du modèle social. Les chefs du Brexit sont tellement crédibles qu'ils annoncent tous leurs démissions. Nigel faf la rage reste quand même député au parlement européen, c'est encore plus incompréhensible que l'oeuvre d'André Breton. Les gaziers sont clairement des schizophrènes mais tout le monde s'en tape. Le peuple anglais sait se marrer, c'est quand même eux qu'ont limite inventés la mode et la musique, la culture européenne en serait encore à se palucher sur Sainte Jeanne si ils avaient pas préférés la barbecuiter. Les mecs ont du potentiel, merde ils ont eu Skrewdriver, les spice girls & un putain d'empire qui sentait le curry. King of the world ma gueule! et maintenant ils veulent se replier sur un Lebensraum entre Trafford et East end. Paye ton ambition en monnaie de singe.
Je comprends que l'Europe fasse pas bander grand monde mais quand même, avec ses rues pavées et ses baraques en briques l'Angleterre niveau ambiance c'est quand même plus proche d'un squat en Lituanie que de la place St Pierre de Rome. Ils devaient penser pas être à la hauteur depuis que leurs hools se soient faits blitzkrieger par les russes à Marseille. Du coup ils ont voulus partir comme des princes, mais merde ravalez votre fierté, pliez les étendards avec la croix de St Georges et revenez dans la danse. Vous allez manquer au gouvernement allemand qui va bientôt sécher niveau idée pour couler un peu plus les peuples grecs et espagnols.L'austérité en Europe c'est aussi grâce à vous alors restez pas dans votre coin à faire votre petite crise à vous, ici aussi on regarde l'intégrale de Shameless.
Nous on vous a jamais pris la tête, on s'est tapé les 10 000 reddifs dominicales de Benny Hill sans moufter, on s'est pas foutu de votre gueule pour votre amour passionnel ultra gay friendly pour la cour royale, on a rien dit sur le fait que vous vous preniez pas pour de la merde alors que vous vivez sur un putain de Mont St Michel sans monument. Ca doit être l'air marin qu'a du taper dans vos caboches, suffit qu'à ce moment là vous étiez à 3 grammes on peut comprendre que vous ayez eu envie de tenter une petite expérience Robinson Crusoe. En fait on vous envie, vous avez fait comme d'hab, vous êtes entrés dans l'union européenne comme une petite fille timide en uniforme de collège et vous repartez comme des hools après avoir défoncé la vitrine du pub Europe. Un référendum en France engendrerait sûrement le même résultat car le populisme et l'objectivité des médias sont ici ausi les deux faces du même sketch. Et puis peut être que sans l'Angleterre, l'union européenne va changer d'orientation, très peu crédible mais laissons nous aller à rêver.
Wait and see...
Les mecs ont le bronzage des polaks, le foie des belges, les fringues des espaguoins, sont honnêtes comme des roumains et sont aussi francs que des ritals, non mais franchement? Les anglais c'est les fonds de cuve de sperme de toute la CEE et ils se barrent tranquilou comme si ils étaient trop classes pour notre boum d'acnéiques. Ca va on se fait plaiz? Bah ouais ça fout un coup au moral que ce soit eux qui se taillent les premiers. Merde, Napoléon et Hitler se sont pas fait chier la bite pour les intégrer dans nos peuplades pour que ces connards se tirent sans dire merci. L'impolitesse des mecs c'est du high level!
C'est fou ça, Robert Schuman s'est pété le cul avec les chleus à former une confrérie du charbon, à accueillir un à un tous les bleds pourris qui polluent nos frontières, qu'on a sorti 12 000 palettes d'autocollants CEE à coller sur ta R12, qu'on a failli faire la guerre 100 fois entre nous mais qu'au final on s'est rappelé le résultat du carnage en matant l'architecture bucolique de Saint Nazaire, et bien malgré tous nos efforts voilà que les rosbeefs veulent plus faire partie du crew, t'y crois toi?
Pourtant on a fait des efforts avec eux parce qu'à la base nous on voulait une Europe sociale, solidaire, qui respecte les peuples et se batte pour leurs droits et toutes ces conneries mais pour pas trop les froisser on s'est mis à adopter toutes les visions que ces aveugles avaient de l'avenir. C'est vrai qu'on flippait devant Thatcher qui crucifiait des skins à tour de bras, la meuf c'était Ronald Reagan avec la perruque à Mylène Farmer donc on jouait moins les malins genre elle doit faire de la sorcellerie et des combats avec des nains. Résultat cette Europe ultra libérale, noyée dans la corruption des lobbys & la malhonnêteté des politicards, cette Europe qui promet l'austérité pour les peuples et des dividendes pour les banques, cette Europe incapable d'avoir une vision politique commune sur les grands dossiers internationaux, on l'a faite un peu à l'image de nos cousins mongols qui vivent de l'autre côté de la Manche. Et une fois qu'on veut faire baptiser Chucky dans leur secte protestante voilà qu'ils balancent le calice et qu'ils nous rappellent qu'y a pas qu'à Koh Lanta qu'on se dit que les îles c'est vraiment de la merde tout juste bon à bétonner ras la gueule version Notre Dame des Landes. Aucun respect vraiment. Merde grâce aux angliches l'Europe c'est juste un ersatz dégueulasse du modèle américain, on ressemble grave à des guignols yankees juste parce que ces connards de baiseurs de chèvres pouvaient se faire tatouer WASP sur les doigts, clairement ça me fait plus marrer.
A la base je comprends que les mecs voulaient se faire la malle de l'UE, libéralisme à outrance, destruction sociale mais même pas, ils s'en branlent la cruche comme quand ils recevaient des V2 sur la bougie, le flegme anglais sûrement. Ils vont se retrouver dans un luna-park tellement ultra capitaliste que même la dame de fer passera pour une fille de joie suçant Perry Mason avec gentillesse tellement ils vont se faire défoncer le rectum par un système qui n'attend que ça pour faire un strike dans les quelques survivances du modèle social. Les chefs du Brexit sont tellement crédibles qu'ils annoncent tous leurs démissions. Nigel faf la rage reste quand même député au parlement européen, c'est encore plus incompréhensible que l'oeuvre d'André Breton. Les gaziers sont clairement des schizophrènes mais tout le monde s'en tape. Le peuple anglais sait se marrer, c'est quand même eux qu'ont limite inventés la mode et la musique, la culture européenne en serait encore à se palucher sur Sainte Jeanne si ils avaient pas préférés la barbecuiter. Les mecs ont du potentiel, merde ils ont eu Skrewdriver, les spice girls & un putain d'empire qui sentait le curry. King of the world ma gueule! et maintenant ils veulent se replier sur un Lebensraum entre Trafford et East end. Paye ton ambition en monnaie de singe.
Je comprends que l'Europe fasse pas bander grand monde mais quand même, avec ses rues pavées et ses baraques en briques l'Angleterre niveau ambiance c'est quand même plus proche d'un squat en Lituanie que de la place St Pierre de Rome. Ils devaient penser pas être à la hauteur depuis que leurs hools se soient faits blitzkrieger par les russes à Marseille. Du coup ils ont voulus partir comme des princes, mais merde ravalez votre fierté, pliez les étendards avec la croix de St Georges et revenez dans la danse. Vous allez manquer au gouvernement allemand qui va bientôt sécher niveau idée pour couler un peu plus les peuples grecs et espagnols.L'austérité en Europe c'est aussi grâce à vous alors restez pas dans votre coin à faire votre petite crise à vous, ici aussi on regarde l'intégrale de Shameless.
Nous on vous a jamais pris la tête, on s'est tapé les 10 000 reddifs dominicales de Benny Hill sans moufter, on s'est pas foutu de votre gueule pour votre amour passionnel ultra gay friendly pour la cour royale, on a rien dit sur le fait que vous vous preniez pas pour de la merde alors que vous vivez sur un putain de Mont St Michel sans monument. Ca doit être l'air marin qu'a du taper dans vos caboches, suffit qu'à ce moment là vous étiez à 3 grammes on peut comprendre que vous ayez eu envie de tenter une petite expérience Robinson Crusoe. En fait on vous envie, vous avez fait comme d'hab, vous êtes entrés dans l'union européenne comme une petite fille timide en uniforme de collège et vous repartez comme des hools après avoir défoncé la vitrine du pub Europe. Un référendum en France engendrerait sûrement le même résultat car le populisme et l'objectivité des médias sont ici ausi les deux faces du même sketch. Et puis peut être que sans l'Angleterre, l'union européenne va changer d'orientation, très peu crédible mais laissons nous aller à rêver.
Wait and see...
6.22.2016
Normandie , réveilles toi!
La guerre n'est finie qu'à peine depuis une quinzaine d'années quand sort ce bouquin, il reste pétri de cette atmosphère d'avant guerre où la province vivait dans sa léthargie protectrice loin du tumulte des pantins parisiens qui tentaient maladroitement d'avoir un quelconque poids sur des évènements internationaux qui les dépassaient de loin.
L'histoire se déroule à Tigreville, ce nom qui pourrait être celui d'un check-point indochinois est celui d'une bourgade normande méconnue.
_" Jamais un bateau, dit il, avez-vous remarqué? Pas de port, pas de trafic. Le poisson vient d'Ouistreham dont nous apercevons le phare, la nuit. Le collier de lumières qui s'allume là-bas, c'est Le Havre. Ici, nous sommes oubliés et nous ne reflétons rien".
Les falaises balayées par les bourrasques ont connues le déferlement de l'enfer de la guerre, les bombardements ont ravagés cette partie de l'hexagone, l'agonie libératrice qui renverra les zinas vers la mère patrie. C'est à cette période qu'Albert Quentin se fait une promesse, lui l'ancien baroudeur de l'Asie jure qu'il ne boira plus une goutte si l'hôtel qu'il tient avec sa femme n'est pas soufflée par cette pluie meurtrière. promesse d'ivrogne tellement il y a peu de chances qu'elle soit réalisée, et pourtant tel le Bates Motel, l'enseigne lumineuse du Stella redeviendra rapidement un phare pour les perdus de la jungle bocagère. Quentin n'a qu'une parole. Fini l'ivresse. Sa vie deviendra alors une longue et ennuyeuse période qu'il considère comme heureuse.
Fouquet est quand à lui un de ces parisiens assez irresponsable, symptôme d'une époque qui ne sait plus où aller, jeune divorcé et père d'une petite fille que sa mère a préféré envoyer en pension, justement loin de l'ambiance parisienne, et quel meilleur endroit que Tigreville pour éduquer une jeunesse sans repère. Sur un coup de tête éthylique, Fouquet viendra dans ce trou perdu pour mener sa croisade familiale, tenter maladroitement de renouer le contact filial cassé par ses pérégrinations.
Bien sûr il ira prendre une chambre au Stella, la rencontre avec le couple normand sera salvatrice. Choc des générations où tous sont touchés par le sentiment de solitude. La déchéance n'est jamais loin des personnages, la réalité a toujours une frontière floue avec les errances alcooliques. Ce roman est donc cet enchevêtrement des combats solitaires de chacun pour essayer d'améliorer leurs vies pathétiques. Le combat contre soi-même étant le plus difficile et le plus noble à mener. Ce livre est un échappatoire au parisianisme, ode à la France d'en bas même englué dans ses défauts. Image de cette France qui aime la littérature et le vin des bouteilles étoilées, qui s'enflamme quand elle est saoule et qui ne tient pas ses promesses, caricature peut-être pas si grossière.
6.16.2016
L'histoire qui maintient en vie la mémoire des mouvements populaires suggère de nouvelles définitions du pouvoir. Traditionnellement, on considère que quiconque possède la puissance militaire, la fortune, la maîtrise de l'idéologie officielle et la suprématie culturelle détient le pouvoir. Mesurée à cette aune, la résistance populaire ne paraît jamais assez forte pour survivre. Pourtant, les victoires inattendues des rebelles - même les victoires momentanées - démontrent la vulnérabilité des soi-disant puissants. Dans un système extraordinairement sophistiqué, les élites au pouvoir peuvent se maintenir sans la soumission et la loyauté des millions de gens à qui l'on accorde, en échange de ce service, de bien maigres récompenses: les soldats, la police, les enseignants, les hommes d'église, les fonctionnaires et les travailleurs sociaux, les techniciens et les ouvriers, les médecins, les hommes de loi, les infirmières, les travailleurs des transports et des communications, les éboueurs et les pompiers. Ces gens - les catégories dotées de quelques privilèges mineurs - sont pris dans une alliance avec les élites. Ils forment, en quelque sorte, la "garde prétorienne" du système, véritable digue entre les classes les plus favorisées et les classes les plus pauvres. S'ils cessent d'obéir, le système s'effondre.
Cela ne pourra arriver, me semble-t-il, que lorsque tous ceux d'entre nous qui sont un tant soit peu privilégiés et vaguement à l'aise financièrement réaliseront que nous sommes comme les gardiens de la prison d'Attica pendant l'émeute des prisonniers: éminemment sacrifiables. C'est à dire que le système, quelle que soit la manière dont il nous récompense, est parfaitement capable en cas de nécessité et pour conserver le contrôle de la situation de se débarrasser de nous.
Aujourd'hui certaines données nouvelles sont si évidentes qu'elles pourraient entraîner de notre part le renoncement total à notre loyauté envers le système. A l'ère atomique, les nouvelles conditions technologiques, économiques et militaires rendent de plus en plus difficiles pour les gardiens du système que sont les intellectuels, les propriétaires, les contribuables, les travailleurs qualifiés, les professions libérales et les fonctionnaires d'échapper à la violence (aussi bien physique que psychologique) infligée aux pauvres, aux noirs, aux criminels ou à l'ennemi extérieur. La mondialisation de l'économie comme les mouvements de réfugiés et de travailleurs immigrés à travers les frontières font qu'il devient plus difficiles pour les populations des pays industrialisés d'ignorer la faim et la maladie qui frappent les pays pauvres.
Dans ces nouvelles conditions de technologies meurtrières, nous devenons tous les otages de la marche forcée économique, de la pollution généralisée et des guerres incontrôlables. Les armes atomiques, les radiations, l'anarchie économique ne font pas de distinction entre les prisonniers et les gardiens du système, et ceux qui sont aux commandes ne seront pas plus scrupuleux au moment de prendre une décision. on ne peut oublier la réponse de l'état-major américain lorsqu'on l'informa qu'il y avait sans doute des prisonniers de guerre dans les environs de Nagasaki: "Les cibles initialement prévues pour l'opération demeurent inchangées."
On constate des signes d'un mécontentement croissant au sein de la garde prétorienne du système. On nous déclarait régulièrement que les pauvres et les ignorants formaient le gros des bataillons de ceux qui ne votaient pas, exclus d'un système politique qui, pensaient-ils, se moquait bien d'eux et sur lequel ils n'avaient pas beaucoup d'influence. Aujourd'hui, cette désaffection s'étend aux familles qui vivent au-dessus du seuil de pauvreté. Ce sont les travailleurs blancs, ni riches ni pauvres mais insatisfaits de l'insécurité économique, mécontents de leur travail, inquiets pour leur environnement et hostiles au gouvernement - en une combinaison de racisme et de conscience de classe, de mépris pour les pauvres et de méfiance vis-à-vis des élites et, de ce fait, ouverts à toutes les solutions qui se présenteraient à gauche comme à droite.
Une histoire populaire des Etats-Unis. Howard Zinn.
Cela ne pourra arriver, me semble-t-il, que lorsque tous ceux d'entre nous qui sont un tant soit peu privilégiés et vaguement à l'aise financièrement réaliseront que nous sommes comme les gardiens de la prison d'Attica pendant l'émeute des prisonniers: éminemment sacrifiables. C'est à dire que le système, quelle que soit la manière dont il nous récompense, est parfaitement capable en cas de nécessité et pour conserver le contrôle de la situation de se débarrasser de nous.
Aujourd'hui certaines données nouvelles sont si évidentes qu'elles pourraient entraîner de notre part le renoncement total à notre loyauté envers le système. A l'ère atomique, les nouvelles conditions technologiques, économiques et militaires rendent de plus en plus difficiles pour les gardiens du système que sont les intellectuels, les propriétaires, les contribuables, les travailleurs qualifiés, les professions libérales et les fonctionnaires d'échapper à la violence (aussi bien physique que psychologique) infligée aux pauvres, aux noirs, aux criminels ou à l'ennemi extérieur. La mondialisation de l'économie comme les mouvements de réfugiés et de travailleurs immigrés à travers les frontières font qu'il devient plus difficiles pour les populations des pays industrialisés d'ignorer la faim et la maladie qui frappent les pays pauvres.
Dans ces nouvelles conditions de technologies meurtrières, nous devenons tous les otages de la marche forcée économique, de la pollution généralisée et des guerres incontrôlables. Les armes atomiques, les radiations, l'anarchie économique ne font pas de distinction entre les prisonniers et les gardiens du système, et ceux qui sont aux commandes ne seront pas plus scrupuleux au moment de prendre une décision. on ne peut oublier la réponse de l'état-major américain lorsqu'on l'informa qu'il y avait sans doute des prisonniers de guerre dans les environs de Nagasaki: "Les cibles initialement prévues pour l'opération demeurent inchangées."
On constate des signes d'un mécontentement croissant au sein de la garde prétorienne du système. On nous déclarait régulièrement que les pauvres et les ignorants formaient le gros des bataillons de ceux qui ne votaient pas, exclus d'un système politique qui, pensaient-ils, se moquait bien d'eux et sur lequel ils n'avaient pas beaucoup d'influence. Aujourd'hui, cette désaffection s'étend aux familles qui vivent au-dessus du seuil de pauvreté. Ce sont les travailleurs blancs, ni riches ni pauvres mais insatisfaits de l'insécurité économique, mécontents de leur travail, inquiets pour leur environnement et hostiles au gouvernement - en une combinaison de racisme et de conscience de classe, de mépris pour les pauvres et de méfiance vis-à-vis des élites et, de ce fait, ouverts à toutes les solutions qui se présenteraient à gauche comme à droite.
Une histoire populaire des Etats-Unis. Howard Zinn.
l'Histoire soit tu l'aimes, soit tu la quittes!
L'Histoire est toujours écrite par les vainqueurs.
Guerres, innovations, civilisations... Si t'es dans l'équipe des losers tu peux être sur qu'on va bien se foutre de ta ganache dans les bouquins d'école de tes gamins.
Bah ouais y a rien de moins objectif qu'un livre d'histoire. T'as qu'à mater un bouquin de Loran Deutsch pour remarquer que tout le monde peut être open bar avec la réalité historique. Le pire c'est que c'est un fait universel, dans chaque bled, les tenants du pouvoir concoctent leur vision du game et la font passer pour paroles d'évangiles. Une version du merdier et tout le reste n'a plus qu'à finir dans les oubliettes de l'histoire où sûrement pas grand monde n'ira tenter d'y trouver un autre son de cloche. L'Histoire façonne le présent, pour ne pas dire l'avenir. C'est de là qu'on peut analyser les avancées ou errements des peuples, c'est donc un enjeu politique que de contrôler ce domaine. C'est le constat qu'a fait Howard Zinn et qui a débouché sur ce pavé passionnant.
Zinn est américain et en a eu ras le bol de voir que l'histoire des états-unis telle qu'elle est présentée pour la populace était clairement biaisée. Le conte d'une nation qui s'est faite toute seule, grâce aux erreurs de google map de Christophe Colomb et de sa clique d'espaguoins et qui par la sympathie de quelques pères fondateurs est devenue le pays de la liberté de Tom Sawyer. Plus c'est gros, plus ça passe comme on dit sur youporn et voilà que l'histoire yankee s'est retrouvée imprimée dans les manuels d'histoire ad vitam eternam.
Une vision officielle où les héros sont triés sur le volet, où les évènements sont imbriqués de façon à fabriquer un roman national des plus glorifiants. Y a plus qu'a s'applaudir et la boucle est bouclée. L'auto-congratulation c'est la base des bouquins d'histoire. Pourtant aussi fou que ça puisse paraître, il semblerait bien que le passé des états-unis a été un peu plus chaotique que ne voudrait nous le faire croire les études officielles. C'est donc en partant de ça que Zinn a décidé de s'intéresser aux protagonistes des différents évènements majeurs qui ont façonnée son pays. Il confronte la version officielle et héroïque aux témoignages des acteurs les plus modestes (les indiens, les esclaves en fuite, les soldats déserteurs, les jeunes ouvrières du textile, les syndicalistes, les GI du Vietnam, les activistes des années 80/90, bref tous ceux qui font pas vraiment partie de la Dream team).
Il repart donc de l'arrivée de Christophe Colomb jusqu'à la guerre contre le terrorisme qui est toujours d'actualité. Autant vous dire que le parcours historique des USA est aussi paisible qu'une descente de hools russkofs à une soirée Tourtel sur le vieux port. Zinn ne cache pas ses penchants politiques et défonce allègrement le système économique américain responsable de tant de malheurs. Le bouquin de 800 pages est un pavé dans la vitrine des states, on y apprend pleins de choses et c'est clairement en se réappropriant notre histoire comme le fait Zinn qu'on peut espérer faire évoluer notre futur. Chaudement recommandé!
Guerres, innovations, civilisations... Si t'es dans l'équipe des losers tu peux être sur qu'on va bien se foutre de ta ganache dans les bouquins d'école de tes gamins.
Bah ouais y a rien de moins objectif qu'un livre d'histoire. T'as qu'à mater un bouquin de Loran Deutsch pour remarquer que tout le monde peut être open bar avec la réalité historique. Le pire c'est que c'est un fait universel, dans chaque bled, les tenants du pouvoir concoctent leur vision du game et la font passer pour paroles d'évangiles. Une version du merdier et tout le reste n'a plus qu'à finir dans les oubliettes de l'histoire où sûrement pas grand monde n'ira tenter d'y trouver un autre son de cloche. L'Histoire façonne le présent, pour ne pas dire l'avenir. C'est de là qu'on peut analyser les avancées ou errements des peuples, c'est donc un enjeu politique que de contrôler ce domaine. C'est le constat qu'a fait Howard Zinn et qui a débouché sur ce pavé passionnant.
Zinn est américain et en a eu ras le bol de voir que l'histoire des états-unis telle qu'elle est présentée pour la populace était clairement biaisée. Le conte d'une nation qui s'est faite toute seule, grâce aux erreurs de google map de Christophe Colomb et de sa clique d'espaguoins et qui par la sympathie de quelques pères fondateurs est devenue le pays de la liberté de Tom Sawyer. Plus c'est gros, plus ça passe comme on dit sur youporn et voilà que l'histoire yankee s'est retrouvée imprimée dans les manuels d'histoire ad vitam eternam.
Une vision officielle où les héros sont triés sur le volet, où les évènements sont imbriqués de façon à fabriquer un roman national des plus glorifiants. Y a plus qu'a s'applaudir et la boucle est bouclée. L'auto-congratulation c'est la base des bouquins d'histoire. Pourtant aussi fou que ça puisse paraître, il semblerait bien que le passé des états-unis a été un peu plus chaotique que ne voudrait nous le faire croire les études officielles. C'est donc en partant de ça que Zinn a décidé de s'intéresser aux protagonistes des différents évènements majeurs qui ont façonnée son pays. Il confronte la version officielle et héroïque aux témoignages des acteurs les plus modestes (les indiens, les esclaves en fuite, les soldats déserteurs, les jeunes ouvrières du textile, les syndicalistes, les GI du Vietnam, les activistes des années 80/90, bref tous ceux qui font pas vraiment partie de la Dream team).
Il repart donc de l'arrivée de Christophe Colomb jusqu'à la guerre contre le terrorisme qui est toujours d'actualité. Autant vous dire que le parcours historique des USA est aussi paisible qu'une descente de hools russkofs à une soirée Tourtel sur le vieux port. Zinn ne cache pas ses penchants politiques et défonce allègrement le système économique américain responsable de tant de malheurs. Le bouquin de 800 pages est un pavé dans la vitrine des states, on y apprend pleins de choses et c'est clairement en se réappropriant notre histoire comme le fait Zinn qu'on peut espérer faire évoluer notre futur. Chaudement recommandé!
6.14.2016
5.30.2016
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