1.08.2016

Basketball diaries


   C'est le premier livre que je lis de Burroughs et ça donne envie de continuer même si j'ai cru comprendre que le style changeait pas mal entre ses différents écrits. 

   Junky est son 1er bouquin, récit autobiographique qu'il sera obligé d'écrire sous le le nom de William Lee pour ne pas plomber la réput de toute sa famille issue du sud confédéré pas vraiment open bar sur toutes les expériences shamaniques d'une bande de chevelus acnéiques. 

   On est à la fin des années 40, le gouvernement américain ne sait pas trop sur quel pied danser sur sa politique des narcotiques. L'héroïne, la coke, tous un tas de médicaments servent d'exutoire à une jeunesse bancale dans une époque où on a même pas besoin de l'excuse de la crise pour se faire exploser la rétine. Burroughs nous livre ici le parcours si sordidement banal d'une prise de drogue sans raison apparente et de l'accoutumance qui entraînera sa nouvelle condition de camé. 

Style journalistique voire médicale, l'auteur ne se prend pas la tête avec des envolées lyriques, il préfère à juste titre essayer toutes les merdes qui peuvent lui permettre de se rapprocher de l'état pitoyable d'un clodo squelettique qui tenterait le casting de Zombieland. On apprend donc les différents effets que provoquent sur lui les divers cocktails opiacés plus ou moins festifs qui lui servent à se maintenir debout chaque jour que Dieu fait. Son entourage, proche de la cour des miracles a les mêmes hobbies que lui: vol de portefeuilles sur les ivrognes du métro, trafics de fausses ordonnances pour se procurer de la morphine à la pharmacie, prostitution... Bref pas sûr que cette dream team soit la mieux placée pour servir d'exemple à la jeunesse yankee des années 50.

   Entre cure volontaire et passages récurrents dans les comicos des grandes villes, la vie de junky est surtout basé sur comment se procurer de la drogue. Entre les dealers surpuissants et leurs victimes plus ou moins consentantes se crée des liens d'amitiés malsaines reposant sur le pathétisme de la situation. Face à une montée en puissance de la consommation débridée de drogues en tous genre, les états américains commencent à  focaliser sur un système répressif où le drogué passe de malade à délinquant. Déjà que la vie de camé était pas super festive, voilà maintenant qu'ils risquent pour la plupart des séjours répétés dans les geôles ricaines. Burroughs en profite comme beaucoup d'autres pour aller s'installer au Mexique, après tout la drogue y est aussi dégueulasse, les flics aussi corrompus et les putes du même standing que dans toute bonne métropole américaine donc autant se faire plaisir avec du soleil et de la téquila.

   On rapproche beaucoup Burroughs de Jack Kerouac, perso avec ce bouquin j'y ai pas vu une grande similarité. Les gars étaient potes dans la vraie vie et ont écumés le concept de Beat generation même si Burroughs a voulu assez vite voir d'autres horizons, comme pour la drogue en fait. En tout cas ce livre nous relate une tranche de vie qui à sa sortie en 1953 fera scandale.

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