La récré aurait du être sifflée depuis longtemps. Une bande de lycéens en slim et polos fleuris qui écoutent du PNL en se touchant la nouille sur les reportages de Vice ne sont pas vraiment du même acabit que la love affair de Florence Rey avec la maréchaussée et pourtant après 3 mois de conflit voilà où nous en sommes.
Le mouvement des étudiants et lycéens, ces éternels privilégiés, a eu le mérite de montrer que cette jeunesse apolitique, amorphe, se gavant de drogues chimiques et d'alcool trop sucrée pour une armée de diabétiques a regardé l'avenir et force est de constater que c'est pas folichon. La Loi Travail c'est quand même des CDI au rabais, le nivellement par le bas de l'entrée dans la vie active. Pour faire simple c'est pas avec ça qu'on va exciter les kids. Dejà qu'on leur avait bien fait comprendre que faire des études ça servait plus à grand chose, à part bien sûr si tu fais de l'Erasmus et là même avec un déferlement acnéique t'as quand même le moyen de découvrir l'amour polyglotte ce qui en soit est toujours plus classe que de devoir traduire le nom d'une MST en polonais. Bref pour les jeunes l'avenir est tout tracé, soit t'es une quiche et tu vas direct à pôle emploi en essayant d'éviter tes darons dans la file d'attente ou le pseudo moine tibétain qui s'immole devant le bâtiment, soit t'as un peu plus de chance et tu as le droit de rejoindre la dream team du salariat en te tapant des boulots ridicules sous les engueulades journalières de managers rompus aux techniques de harcèlement moral les plus basiques. Bienvenue dans le Game!
Du coup on s'étonne que les jeunes manifestent, ces éternels privilégiés à qui ont promet des tafs ripoux sans vraiment être sûr qu'au bout y aura moyen de grappiller un peu de retraite. Bah ouais les temps sont durs, c'est la crise! La jeunesse est aigrie et le fait savoir. C'est à ce moment là que la flicaille a fait son apparition remarquée. Tels des unijambistes sur un parquet ciré, ils ont tout foutus en l'air. Les mecs sont arrivés regonflés par une aura mystique qui indiquait qu'ils avaient sauvés la France des terroristes sanguinaires. Bref Super Dupont puissance 1000. Du coup l'ambiance dans les manifs est devenue sportive. Tirs de flash ball par dizaines dans les bougies, grenades de désencerclement lancés à l'arrache, matraquages systématiques.... La police nous aime et est vraiment tactile, sûrement que pendant leur temps libre ils font du frottage dans le trom tellement ils ont l'air d'avoir besoin de contacts corporels. Changement d'ambiance, les manifestants ont donc changés aussi et les voilà revenus avec lunettes de ski, masques chirurgicaux sur les ganaches, sérum dans une main et caillasse dans l'autre.
La répression policière n'a fait qu'envenimer la situation. Les médias décidant rapidement de défendre leur maître se sont alors mis à nous bassiner avec ce nouvel ennemi n°1: le casseur. Les longues litanies des faiseurs d'opinion se faisant dessus face à cette violence politique qui ciblait clairement leurs ennemis: banques, agences immobilières, franchises aseptisées qui pourrissent nos lieux de vies et bien sûr cette sacro-sainte horreur qui est d'oser dire qu'il était temps de se défendre face à la police. Les centaines de blessés dans les manifestants et les arrestations arbitraires n'intéressant pas vraiment nos amis journalistes.
A ce moment là on aurait quand même pu penser que l'Etat allait reprendre le contrôle de la situation mais non, fort de son mépris des jeunes, le gouvernement a tenté le doublé en s'en prenant aux syndicats. Eux aussi éternels privilégiés. Le nouvel ennemi venait de faire son entrée, le militant CGT. Couteau entre les dents, résurgence du passé d'une guerre tiède, il vient tranquilou avec son chasuble orange, sa moustache early gay pride et son verre de rosé chaud ambiancer la situation déjà pour le moins explosive.
Ce que n'avait pas prévu le gouvernement c'est que le militant CGT, il bosse. Dans les usines, dans les raffineries, dans les ports, et que malgré ce qu'en disent les médias qui depuis belle lurette avaient enterrée cette classe ouvrière si honnie, c'est toujours elle qui fait tourner le pays. Et quand notre brave militant et ses collègues décident de bloquer, ça se remarque. Mad Max dans l'etablishment. Le cauchemar de tout bon politicard se met en place, des luttes qui convergent, des étudiants et des ouvriers qui se rencontrent, la grande famille des 99% enfin réunie. C'est sûrement pas la révolution qui est en marche et les lendemains qui chantent sont pas près de résonner sur Deezer mais ça fait quand même bien plaiz à voir.
La France prise en otage par ceux là même qui font qu'elle tient debout. Laissons les pitres journalistisques se couper un peu plus du peuple, comme l'ont fait avant eux leurs camarades des grandes écoles qui pullulent dans les partis ou comités d'administration. Cette Loi travail est un sketch qui clôture misérablement le quinquennat du social-libéralisme.
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